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Revue de presse (28 janvier – 03 février)

février 4, 2013
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En haut : Le chef de l’Etat ne sait pas ce qui se passe.
– Qu’est-ce qui s’est passé à Tombouctou et Ain Amenas ?
– De quoi j’me mêle ?

La presse algérienne a beaucoup commenté cette semaine « ce qui se passe dans le Sud », un euphémisme adopté par de nombreux journaux pour critiquer le silence du président Abdelaziz Bouteflika à propos de la prise d’otage d’Aïn Amenas et de l’intervention française au Mali.

Si les événements « du Sud » ont occupé le devant de la scène, depuis deux jours les grands quotidiens algériens s’intéressent à une déclaration de la direction du commerce de la Wilaya d’Alger, laquelle se félicite de l’éradication de 110 marchés informels parmi les 162 que compte la capitale. En tout, 4 300 vendeurs ont déjà été empêchés d’exercer, et seuls 25% d’entre eux ont été réinsérés. Le quotidien de droite El-Khabar n’y consacre que quelques lignes, mais d’autres journaux n’ont pas hésité à creuser un peu cette nouvelle, à l’image du quotidien algérien le plus lu, Al-Shurûq, lequel, fidèle à sa réputation critique, pointe du doigt la raison d’être de ces marchés informels et pose la question de la réinsertion des vendeurs expulsés. Al-Shurûq rappelle en effet que la moitié des 64 structures commerciales construites entre 2004 et 2009 ont été désertées par les commerçants, qui les jugeaient inappropriées et mal localisées par les pouvoirs publics. L’opération d’éradication du commerce parallèle à Alger n’est pas finie, puisqu’elle concerne encore plus de 3 000 vendeurs. Le vrai gagnant dans l’histoire est l’entreprise nationale de construction métallique Batimetal mandatée pour construire les 17 nouvelles structures sensées remédier à la situation ; quant aux 75% de vendeurs non réinsérés, ils risqueraient d’être traduits en justice s’ils revenaient à exercer une activité informelle.

© Al-Shurûq

Deux affaires se partagent les Unes en Égypte, avec d’un côté les événements de Port-Saïd, et de l’autre le climat de conflit au Caire entre l’opposition et le gouvernement du président Morsi. Le journal arabophone basé à Londres Al-Hayat s’est intéressé en détail aux violences survenues à Port-Saïd. Comment s’expliquer qu’une ville entière se soulève à l’annonce de la condamnation à mort de plusieurs hooligans de l’équipe de foot locale, pour les altercations survenues en février 2012 contre les supporters d’une équipe du Caire ? Si les habitants de Port-Saïd se sentent aujourd’hui concernés par cette décision de justice, c’est que celle-ci leur apparaît comme une énième vexation dirigée contre leur ville prospère, couramment accusée d’être restée en retrait pendant la révolution et d’avoir bénéficié des largesses de Moubarak.

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« Egypte… Dialogue entre la présidence et l’opposition »

Le quotidien national Al-Ahrâm s’est intéressé quant à lui au bras de fer entre l’opposition et le gouvernement. Samedi, des milliers de manifestants se sont rassemblés au Caire devant le palais présidentiel et Place Tahrir à l’appel du Front de Salut National, la principale coalition d’opposition. Des affrontements ont éclaté entre les forces de l’ordre et les manifestants, et on déplorait en fin de journée une cinquantaine de blessés et une dizaine de morts. Des cocktails Molotov ont été lancés en direction du palais présidentiel. Si l’opposition politique a en effet formulé des revendications, les manifestants en revanche ont exprimé fortement leur désir de « venger » les nombreux morts et blessés survenus cette semaine. Tous les journaux nationaux et internationaux ont enregistré une escalade de la violence cette semaine dans le pays, et plusieurs d’entre eux craignent un recours systématique à la force par les manifestants, face à l’intransigeance du gouvernement, accusé de monopoliser le pouvoir et de ne pas faire face à la grave crise économique qui frappe le pays.

Au Liban et en Jordanie, la question des réfugiés syriens n’a pas cessé d’occuper cette semaine une place importante dans les médias. Le quotidien patriote jordanien Al-Destour a révélé que le nombre de réfugiés syriens dans les camps jordaniens a dépassé la barre des 100 000, et s’inquiète de l’arrivée de 200 réfugiés par jour dans les semaines à venir. Ces prévisions sont alarmantes, alors même que les structures mises en place par l’UNHCR arrivent à saturation et qu’un nouveau phénomène émerge : la fuite des réfugiés des camps, en raison du manque d’eau potable, d’abris, de matériels (matelas, couvertures…). Une manifestation a eu lieu en fin de semaine à l’intérieur des camps appelant à l’aide internationale. Le quotidien se félicite à cet égard de nouvelles mesures prises pour le camp de Zaatari, mais souligne que la Jordanie ne pourra faire face seule à cet afflux de réfugiés.

© Al-Akhbâr

Le journal libanais de la gauche antioccidentale El-Akhbâr évoque le changement de cap radical opéré par les médias officiels syriens, qui ont décidé cette semaine de rattraper le silence qu’ils gardaient sur les réfugiés depuis le début du conflit. Cette nouvelle ligne adoptée par les chaînes syriennes consiste à dénoncer les conditions d’accueil des réfugiés syriens au Liban. On a vu donc affluer toutes sortes de reportages photos, de documentaires et d’articles évoquant le calvaire des familles sur le sol libanais. Dans un documentaire intitulé histoire de la douleur, un réfugié s’écrie même : « Oui, nous voulons y retourner, nous sommes fatigués de l’humiliation que nous vivons ici. La mort dans notre pays et nos maisons est plus miséricordieuse que cette réalité. » Et le journal mêle sa voix aux accusations de mauvais traitements dirigés contre le Liban, surtout quand il s’agit de dénoncer « les forces politiques libanaises qui se sont précipitées pour exploiter la souffrance des réfugiés et l’intégrer dans leur programme de lutte historique contre le régime syrien ». Le journal Al-Akhbâr, proche de l’axe irano-syrien en profite donc pour reprocher leur immobilisme aux partis du 14 mars, anti-syriens.

La question des réfugiés syriens au Liban tend en effet à se politiser. C’est du moins ce qui ressort de l’interview que le ministre de l’énergie et de l’eau Gebran Bassil a accordée au quotidien francophone L’Orient Le Jour, proche du mouvement du 14 mars. Le ministre a de nouveau refusé l’établissement de camps pour loger les réfugiés syriens. Pour lui, créer des camps de réfugiés au Liban revient à « importer la crise vers l’intérieur », car ils ne manqueraient pas de se transformer selon lui en « centres d’armement et en refuges pour des personnes (…) qui n’ont rien à voir avec l’humanitaire ».

Loïc Bertrand

Pour lire par vous-même :

© Al-khabar Logo_alshuruq    L'orient_le_jour Logo_aldestour logo_alahram

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