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Revue de presse (11 – 18 février)

février 18, 2013

L’assassinat de Chokri Belaïd vu par Al Hayat

A quoi s’est intéressée la presse arabe cette semaine ?

La plupart des grands journaux arabes sont bien sûr revenus sur la crise politique qui secoue la Tunisie depuis l’assassinat de Chokri Belaïd, l’un des leaders de l’opposition. La Tunisie ouvre souvent la voie en terme de dynamiques politiques, c’est d’ailleurs sûrement ce qui explique que l’ensemble du monde arabe ait les yeux braqués sur ce petit pays. Al-Quds (grand quotidien panarabe basé à Londres) titrait vendredi à la Une : « Jebali menace de démissionner si son initiative n’aboutit pas », en faisant allusion à sa proposition de constituer un gouvernement apolitique de technocrates. Alors que les partisans d’Ennahda manifestait samedi pour dire qu’ils ne lâcheraient pas le pouvoir, la moindre évolution dans les négociations au sein de la “Troïka” est suivie de très près du Liban au Maroc, en passant par l’Égypte. Au delà de la politique politicienne, on pouvait lire ce dimanche sur le site du quotidien Al-Hayat (basé à Londres), un article intitulé « Tunisie, la fin de la révolution de “la pétulance” ? » dans lequel la mort de Belaïd est présentée comme un tournant dans une révolution où la liberté de parole – retrouvée après « des années à ne pouvoir parler que de football » – est centrale : « La révolution tunisienne a été marquée par une sorte d’esprit vivace et pétulant, parce que les gens se sont remis à parler  politique (…) et dix millions d’analystes politiques sont apparus du jour au lendemain » note Al-Hayat. « Le monde ne comprendra pas le choc que représente l’assassinat de Belaïd pour tous les Tunisiens s’il ne comprend pas ça », ajoute l’éditorialiste en expliquant que l’avocat à la moustache était une sorte d’emblème de cette liberté d’expression, aujourd’hui menacée par l’irruption de la violence politique dans un climat de plus en plus tendu. (Lire l’article)

Saad Hariri dans son allocution retransmise par vidéo depuis Paris, le 14 février

Saad Hariri dans son allocution retransmise par vidéo depuis Paris, le 14 février

Actualité chargée également au Liban, où l’on commémorait le huitième anniversaire de la mort de l’ex-premier ministre libanais Rafic Hariri tué dans un attentat en 2005. C’est son fils, Saad Hariri, également ex-premier ministre, qui a pris la parole ce 14 février dans un discours décrit par le quotidien libanais L’Orient Le Jour comme un « ras-le-bol contre l’hégémonie du Hezbollah ». Dénonçant la faiblesse de l’Etat selon le quotidien francophone, « Saad Hariri a adopté un ton particulièrement virulent pour dénoncer la mainmise politique et sécuritaire du Hezbollah sur le pays, tout en maintenant une main tendue vers la communauté chiite. Il s’est ainsi fermement opposé à tout usage des armes, d’où qu’elles viennent, estimant cependant que le mal principal reste, à ce niveau, le super-arsenal du Hezbollah ». La réponse du chef spirituel du Hezbollah ne s’est pas faite attendre, Hassan Nasrallah a affirmé dans une vidéo que le « parti de Dieu » disposait de tout l’arsenal nécessaire pour faire face à Israël, et n’avait pas besoin d’armes syriennes ou iraniennes, avant de critiquer Saad Hariri.

La Libye célèbre les deux ans du début de sa révolution

La Libye célèbre les deux ans du début de sa révolution

Les questions arrivent en même temps que la fête en Libye où l’on commémore les deux ans de la révolution qui fit chuter Kadhafi : Al-Sharq al-Awsat (quotidien panarabe) s’interrogeait vendredi sur l’avenir de la Libye, alors que Al-Quds consacrait dimanche un édito à cette question en première page intitulé “Libye, deux ans de Chaos”. L’éditorialiste dresse un sombre portrait d’une Libye désorganisée, plongée dans les luttes intestines, l’insécurité, un pays dont l’Etat corrompu est décrit comme incapable de relever les défis politiques et économiques liés à la reconstruction du pays. Après avoir relevé que « La corruption, l’incapacité du gouvernement et la grogne populaire, confirment que la Libye se dirige rapidement vers une division fédérale dans le meilleurs des cas, et au pire, vers un État défaillant », l’éditorialiste d’Al-Quds conclut ironiquement : « Félicitations à la Libye pour l’anniversaire des deux ans de sa révolution ». Tout autre couleur quand on consulte le site du Tripoli Post ce dimanche qui affirme : « Les libyens commémorent pacifiquement le deuxième anniversaire et déçoivent ceux qui attendait de la violence ».

AFP/MOHAMMED AL-SHAIKH

Moins exposé médiatiquement que la Libye, le Bahreïn a fait la Une de la presse arabe cette semaine en raison des heurts qui ont eu lieu lors de manifestations qui marquaient l’anniversaire des deux ans du début de la contestation politique emmenée par la communauté chiite dans cette monarchie dirigée par une dynastie sunnite. Un adolescent de 16 ans, Hussein Jaziri, et un policier ont trouvé la mort dans des affrontements entre la police et les manifestants, alors que les autorités ont découvert ce week-end une bombe sur une route reliant le Bahreïn à l’Arabie Saoudite. Al-Wasat, quotidien de l’opposition bahreinie titrait ce dimanche « Du matin jusqu’au soir, les funérailles de Jaziri au milieu des affrontements et des embouteillages« .

« La guerre des manifestations continue » en Égypte titrait ce dimanche Al-Quds, en tête d’un article consacré à la situation politique en Égypte en faisant allusion à la manifestation « contre la violence » de vendredi dernier des militants islamistes. Autre fait marquant en Égypte, le Sénat (Choura) composé à majorité d’élus islamistes, considérait les femmes comme absolument responsables des agressions sexuelles dont elles sont victimes. Et cela intervient dans un contexte où l’agression sexuelle a été utilisée, selon certaines sources de l’opposition, comme une arme politique censée dissuader les femmes de descendre manifester. Cette prise de position du Sénat a suscité l’indignation, notamment du blog BikyaMasr qui interpelle la classe politique égyptienne : « L’Égypte peut-elle dépasser son horrible identité patriarcale et donner aux femmes l’égalité qu’elles méritent tant au niveau économique qu’au niveau social ? Compte tenu des commentaires innommables du Conseil de la Choura, la réponse semble encore plus éloignée du « oui » qu’il y a des années. Et ceci en dit long sur l’Égypte. » (lire l’article en anglais)

"Une fille = Un garçon" sur le blog suzeeinthecity

« Une fille = Un garçon » sur le blog suzeeinthecity

Le Net a également fait des apparitions dans les colonnes de la presse arabe cette semaine : on pouvait lire dans Al-Quds vendredi dernier que les autorités saoudiennes reconnaissaient la difficulté de surveiller ce qui se disait sur Twitter.  En Egypte, un juge a quant à lui ordonné le blocage de l’accès à YouTube pour une durée d’un mois. Motif : le site hébergeait une vidéo anti-islam ayant conduit à des émeutes, rapporte le site égyptien anglophone Al-Ahram online, dans un article intitulé « Les autorités égyptiennes des télécommunications disent ne pas pouvoir bloquer YouTube ». Cela atteste de l’importance croissante qu’ont les réseaux sociaux dans le monde arabe d’aujourd’hui.

Thomas Loupias

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