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Arabian Psycho

février 24, 2013

dessin n°1

Un homme en costume avec une tête de cheval hoche la tête au-dessus d’un corps de martyr et, à sa gauche, une tête de mort sourit à un micro que lui tend une main anonyme. C’est avec ce genre d’images imprimées sur la rétine que l’on sort de la galerie Talmart, qui expose en ce moment sous le titre « Dispars » Nidhal Chamekh (28 ans) et Ilies Issiakhem (29 ans).

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La complexité et la violence des toiles et des dessins des deux artistes frappent d’autant plus le spectateur qu’elles tranchent avec la blancheur mate de la salle d’exposition, et avec l’accrochage géométrique et appliqué. Pour un peu, on y entrerait comme dans un laboratoire, en s’approchant des œuvres avec précaution, et avec une appréhension de collégien ne sachant pas si la souris dans la cage est vivante ou disséquée.
« Ce qui fait le lien entre ces deux artistes, nous déclare Marc Monsallier, directeur de la galerie Talmart, c’est à la fois leur traitement du corps et la complexité de leurs œuvres, et c’est pourquoi nous avons choisi de les exposer ensemble. » Chaque artiste occupe un mur, et le troisième propose un accrochage partagé.

Nidhal Chamekh jeune artiste tunisien, avait déjà été remarqué au cours de l’exposition « Dégagements » à l’IMA, pour des toiles de sa série « Truismes ». Il présente ici des dessins issus de sa nouvelle série, « De quoi rêvent les martyrs ? ». À chaque fois, il fait figurer un corps ou une partie d’un corps, étendu et inerte, qui est l’objet de l’attention ou au contraire de l’indifférence des éléments qui l’environnent : mains anonymes, objets légendés, jambes de femmes, armes… Le spectateur ne sait jamais s’il est à l’intérieur ou à l’extérieur du martyr, dont le corps paraît de toute façon réifié, récupéré, effacé… dans tous les cas détourné de ses attributions naturelles.

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Sur le mur d’en face, Ilies Issiakhem est un artiste qui manie couramment la sérigraphie, le dessin, la peinture, le dessin numérique… Franco-algérien, formé aux Beaux-arts de Paris, il se penche sur l’anatomie humaine comme base de son expression. Ses deux toiles, « Sans titre », attirent le regard par leur noirceur et leur densité. Ici la violence est plus suggérée qu’évidente. Elle apparaît à la fois dans la complexité technique qui renvoie à la dislocation du sujet, et prend parfois un tour figuratif quand il dessine une coupe anatomique en action. Mais là aussi, le corps est l’objet d’une tension ambiguë : le spectateur ne peut se décider : cet homme, dont on voit les organes, est-il actif ou passif ?

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Au final, c’est une exposition forte et intéressante qui a réussi à recréer un univers parallèle sur 40 m² rue du Cloître Saint Merri. L’exposition se poursuivra jusqu’au 9 mars à la galerie Talmart, qui poursuivra son incursion dans l’art contemporain maghrébin avec l’exposition du collectif tunisien Politik à partir du 20 mars.

Loïc Bertrand

Informations pratiques :

Galerie Talmart : site internet.

22 rue du Cloître Saint-Merri, 75004 Paris

01 42 78 52 38

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