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Revue de presse (19 – 25 février)

février 25, 2013
Hamadi Jebali embrasse Rachid al-Ghannouchi et soulève de nombreuses questions sur les intentions de Ennahdha

Hamadi Jebali embrasse Rachid al-Ghannouchi et soulève du même coup de nombreuses questions quant aux intentions d’Ennahdha

Cette semaine en Une, la crise syrienne. L’explosion qui a touché le QG du parti Baas ce jeudi, entrainant la mort de près de 50 personnes et blessant près de 250, a poussé plusieurs journaux à parler de « Bloody Thursday ».

Al-Hayat, journal pan-arabe basé à Londres, cite un communiqué de la Coalition syrienne, qui accuse le régime al-Assad non seulement de perpétuer ces attaques, mais aussi de s’en servir comme prétexte pour les campagnes de violences menées à travers le pays. De son côté, le quotidien libanais de gauche Al-Safir, y voit surtout une tentative d’enterrer toute possibilité de dialogue entre les deux camps. Al-Akhbar, journal libanais proche du pouvoir syrien, accuse des groupes terroristes de plonger le pays dans une peur quasi-quotidienne et s’attarde longuement sur les détails macabres des attaques, qui n’ont toujours pas été revendiquées.

B. al Assad: "Je vais me présenter en 2014"

B. al Assad: « Je vais me présenter en 2014 »

Dans la région de Ras al-Aïn, près de la frontière turque et contrôlée par l’opposition, la situation semble se calmer après deux mois de confrontations entre des groupes armées kurdes proches du PKK et des éléments islamistes de l’Armée syrienne libre (ASL). Al-Safir rapporte que grâce à l’entremise de l’opposant chrétien Michel Kilo, les deux camps sont parvenus à un accord qui rapproche l’opposition de la population kurde, souvent accusée de marcher main dans la main avec le régime ou d’avoir des visées indépendantistes. La portée symbolique de l’accord ne se cantonne pas au nord du pays. Avec ses composantes musulmanes, chrétiennes, turques, kurdes et yazidies, la région est souvent vue comme un microcosme du pays.

En Tunisie, la démission du Premier ministre Hamadi Jebali, suite à l’opposition de la part de son propre parti à son projet de former un gouvernement apolitique, suscite des réactions variées dans les médias tunisiens. Le journal francophone en ligne Kapitalis, très critique à l’égard d’Ennahdha, soutient que sa démission ne serait qu’une ruse visant à la réhabilitation de son image en vue des prochaines élections présidentielles. Le quotidien Al-Chourouk, proche du pouvoir, apporte une autre interprétation : l’appel de Jebali à un gouvernement de technocrates le jour même de l’assassinat de Belaïd était fait dans l’émotion, sans préméditation, et ne manquait pas de jeter son parti dans l’embarras, soulevant de nombreuses questions stratégiques et juridiques. Al-Hayat semble appuyer ces thèses : avant le choix d’Ali Laârayed, ancien Ministre de l’intérieur, comme remplaçant de Jebali, des querelles auraient éclaté au sein même du parti. Le journal rappelle également un certain nombre de promesses non-tenues d’Ennahdha, dont celle de quitter les ministères régaliens au profit des autres partis de la coalition au pouvoir. Aucune indication n’a été donnée dans ce sens de la part de Laârayed.

Cette semaine la presse libanaise revient sur la réforme électorale dite « du rassemblement orthodoxe » qui déchire la classe politique en amont des élections législatives prévues pour juin. La nouvelle loi se propose de réparer les inégalités confessionnelles. Son objectif : empêcher toute accusation de favoritisme électoral en limitant le découpage de la carte électorale à une circonscription pour tout le pays et en instaurant un mode de scrutin proportionnel.

Mais le projet n’est pas sans critique. Al-Akhbar accuse les partis chrétiens, à l’origine du projet, de vouloir renforcer le sectarisme qui divise le pays du Cèdre. Et pour cause : dans le nouveau système, il sera impossible de voter pour une liste électorale en dehors de sa confession. La vision d’Al-Safir n’est pas aussi tranchée. Il reconnaît que la loi électorale actuelle, dite de 1960, favorise les mouvances musulmanes, à cause du mode de scrutin majoritaire et le charcutage des circonscriptions électorales. Le journal s’interroge également : si la nouvelle loi est adoptée, tous les députés laisseront-ils leurs sièges aux nouveaux élus ? L’Orient le Jour, journal francophone proche des préoccupations chrétiennes, rapporte le démenti de Samir Geagea, leader du parti chrétien Forces libanaises (FL). Geagea écarte les accusations de communautarisme en rappelant sa solidarité avec des groupes islamistes tels que le Hezbollah ou le Hamas et réitère le besoin immédiat d’une réforme électorale pour répondre aux revendications populaires dans ce sens.

"Le Liban après la nouvelle loi électorale ?!"

« Le Liban après la nouvelle loi électorale ?! »

La mort du prisonnier palestinien Arafat Jaradat samedi dernier a suscité des réactions unanimes dans la presse arabophone cette semaine. Selon les rapports officiels, Jaradat serait mort d’un arrêt cardiaque, mais le médecin légiste en chef de l’Autorité palestinienne (AP), présent à l’autopsie, parle de signes de tortures apparents sur le corps du défunt. Cette nouvelle a poussé l’ensemble des Palestiniens dans les prisons israéliennes, au nombre de 4600, à déclarer une grève de la faim de trois jours. Et ce après une semaine de rassemblements dans les territoires occupés contre l’arrestation d’individus relâchés dans le cadre de l’échange de prisonniers suite à la libération de Gilad Shalit.

Ayman Charawna est un de ceux-là. Faute de pouvoir rendre visite au détenu, le journal algérien Echorouk a interviewé son frère. Il accuse la justice militaire, qui s’occupe des affaires palestiniennes, de vouloir laisser mourir Ayman dans le silence, loin des yeux de la communauté internationale. Dans les Emirats, le journal Emarat al-Youm, cite un député travailliste à la Knesset, Benjamin Ben Eliezer, qui met en garde le gouvernement contre la possibilité d’une nouvelle intifada, qui risque de dépasser les deux premières en intensité. L’analyse de Haaretz, journal israélien de gauche, s’accorde avec le député et rappelle la visite prochaine de Barack Obama et la nécessité immédiate de régler le problème.

La réponse de Netanyahu : verser les fonds collectés par le gouvernement israélien à l’AP, afin d’éviter que les manifestations se poursuivent tandis que les nouvelles de tirs à balles réelles se répandent. 

Evan Fisher

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