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Revue de presse (26 février – 3 mars 2013)

mars 4, 2013
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Titre : « Le toboggan Sonatrach ». Sur la flèche en rouge : « La fortune ».
Le bonhomme : « J’ai loupé le virage ! »

La presse algérienne s’élève cette semaine contre la corruption qui gangrène l’économie nationale. Le scandale international de la Sonatrach (entreprise publique algérienne, acteur majeur de l’industrie pétrolière) a obligé le président algérien à condamner ces dérives, alors que la justice s’empare du dossier. Le 23 février dernier, Abdelaziz Bouteflika s’adressait au Secrétaire général de l’Union Générale des Travailleurs Algériens en ces termes : « Je ne peux pas passer sous silence les scandales récemment relevés par la presse et qui touchent la gestion de Sonatrach ». Alors que le scandale évoquait déjà des contrats douteux conclus entre la compagnie italienne ENI (via sa filiale Saipem) et la Sonatrach, les soupçons de malversations entachent désormais également la multinationale canadienne SNC-Lavalin. Le journal francophone Al-Watan publie cette semaine une interview du PDG de la compagnie nationale des hydrocarbures, Sid Ahmed Ghozali, ainsi que du journaliste canadien qui a déclenché le scandale outre-atlantique.

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Titre : « Les autorités s’appliquent à ne pas retrouver la trace des fonctionnaires véreux ».

De son côté, Al-Shuruq, le quotidien arabophone le plus lu du pays, pointe du doigt les nombreux scandales qui ont entaché le fonctionnement du FLN. Il publie les révélations de leaders et affidés du parti qui reviennent sur le poids de l’argent de la corruption dans le processus décisionnel (lien vers l’article). Le journal indépendant El-Khabar s’interroge quant à lui sur la capacité de la justice nationale à éradiquer seule les pratiques de corruption. La plupart des personnes impliquées dans des malversations étant proches des sphères gouvernantes, le journal suggère une réforme en profondeur qui empêcherait ces pratiques et appelle la classe politique à prendre ses responsabilités.

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En feu : « LES PRIX ». Au-dessus du noeud, à droite : « La cupidité ».

Ce déchaînement unanime de la presse algérienne contre la corruption intervient alors qu’on ne cesse de s’inquiéter de la hausse des prix alimentaires. Al-Khabar souligne la tension sociale autour de cette question en en prenant le contrepied : si les prix augmentent dans le pays, à Constantine les boulangers ont mis les autorités devant un ultimatum. Si le prix du pain n’est pas rehaussé, la profession menace de la grève générale. En attendant, on ne trouve presque plus de pain à Constantine depuis deux jours.

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Sur la pancarte : « Nous voulons une Libye propre, sans injustice… Sans hypocrisie… Oui à la loi sur l’isolement politique. »

« L’isolement politique exacerbe les dissensions en Libye » titre Wassam Salem sur le site arabophone Libyablog. Le blogueur résume le débat sur le projet de loi lancé en décembre dernier par le Congrès Général National (l’Assemblée libyenne) sur l’isolement politique : celui-ci limiterait l’éligibilité des cadres ayant exercé sous l’ancien régime, en leur interdisant l’accès aux postes à responsabilités de l’État. Le premier article du projet précise que cette norme s’appliquera « aux fonctionnaires directement responsables de la corruption, de la vie politique, sociale et économique depuis le 1er septembre 1969 [coup d’Etat de Kadhafi, ndlr] jusqu’au 20 août 2011 ». Deux écoles se partagent le débat : alors que certains sont favorables à l’éviction de tous les anciens cadres, d’autres tels qu’Abdulsalam Zughaibi (écrivain militant) estiment que cette loi serait juste « un règlement de compte idéologique selon des positions partisanes étroites » et qu’il faudrait « garantir des procès équitables pour tous ceux qui ont commis une infraction contre le peuple libyen, politique ou financier, dans l’ancien régime ». Le projet de loi compte de nombreux soutiens, qui craignent que les fidèles de Kadhafi ne récupèrent la révolution. Le juriste Jamal al-Hajji insiste sur le fait que cette loi sur l’isolement n’a pas pour but de protéger seulement la révolution mais surtout l’avenir de la Libye.

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Des officiers et des soldats de l’armée libanaise encadrent des partisans du cheikh Assir à Abra (quartier de Saïda).

Au Liban, la région de la Bekaa (zone frontalière qui court sur tout l’Est du pays) ne cesse d’inquiéter les médias. Le nombre toujours grandissant de réfugiés passant la frontière pour s’installer au Liban pose problème dans cette région mitoyenne avec la Syrie. Les autorités libanaises et l’UNHCR n’ayant pas mis en place de camps, comme c’est le cas en Jordanie et en Turquie, les campements improvisés « poussent et grossissent comme des champignons », comme le titre L’Orient-Le Jour. Les migrants syriens s’entassent dans cette région du pays du cèdre qui ne dispose pourtant pas des équipements nécessaires pour les accueillir ; on compte même des déplacés internes qui ont dû fuir les bombardements frontaliers.
L’annonce de la création d’un camp de réfugiés dans la Bekaa centrale (Zahlé, à majorité chrétienne) à l’initiative du ministre d’État Waël Abou Faour, membre du parti socialiste progressiste de Walid Jumblatt, laisse perplexe le journal de la gauche musulmane El-Akhbar, qui craint que cette implantation ne perturbe le fragile équilibre de la région. L’Orient-Le Jour s’inquiète pour sa part du face-à-face encadré tant bien que mal par l’armée, qui oppose le Hezbollah et les salafistes du Cheikh al-Assir à Saïda (Sidon).

En Tunisie, le Harlem Shake n’en finit pas de secouer médias et politiques depuis la vidéo réalisée par les élèves du lycée des Pères Blancs. Outre le débat lancé sur la toile, c’est surtout la menace du ministre de l’éducation nationale Abellatif Abid de « prendre des mesures à l’encontre des responsables de ces dépassements » qui a sonné comme un appel à contribution. En effet, depuis cette déclaration les vidéos tunisiennes fleurissent sur YouTube. Ce que souligne le magasine francophone Mag 14, c’est que le ministre en question n’avait pas fait autant de zèle quelques jours auparavant lorsque des lycéens de la banlieue sud de Tunis avaient remplacé le drapeau national par l’étendard noir des salafistes. Entre string rouge et drapeau noir, Moez el-Kahlaoui, le rédacteur de Mag 14, n’a pas été gagné par le virus du Harlem Shake et se montre pessimiste, en concluant amèrement sur la situation de l’éducation en Tunisie.

Loïc Bertrand et Marion Dupuy

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