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Revue de presse (12 – 18 mars 2013)

mars 18, 2013
alchourouk

En haut : Qui l’a tué?
Portrait de Chokri Belaïd.

Cette semaine, le deuxième anniversaire du début de la contestation en Syrie occupe le devant de la scène médiatique. Comme de nombreux organes de presse, le bilan qu’en fait al-Hayat, journal pan-arabe basé à Londres, insiste sur le tournant qui s’amorce actuellement en Syrie. Après 70 mille morts et un million de déplacés inscrits auprès de l’ONU, le Conseil de sécurité reste bloqué par le veto russe et chinois. Sur le terrain, ni les forces du régime ni l’ASL n’arrivent à s’imposer. L’armement que propose le duo franco-britannique pourrait donc s’avérer déterminant. Cependant, le sectarisme et l’extrémisme menacent dans les régions dites « libérées » où s’affrontent des formations kurdes proches du PKK turc et la milice islamiste Jabhat an-Nosr, considérée comme une organisation terroriste par les Etats-Unis. La Syrie libre vacille entre le chaos le plus complet et une reprise en main gouvernementale qui rime avec « purge » et « répression ».

Source : al-Quds al-arabi

La bourse syrienne!!

Le journal libanais pro-syrien, al-Akhbar, rapporte quant à lui les détails de la vie culturelle damascène. Oussama Halal, metteur en scène et dramaturge, s’élève contre la mort (sic) devenue quotidienne en montant des spectacles de danse, des pièces de théâtre et des concerts. Ce « rayonnement culturel » aurait pour objectif de permettre aux Syriens de goûter à l’art, malgré la violence qui submerge le pays . Pour des raisons sécuritaires, toutes ces représentations sont tenues à 5 heures du matin.

Dans la presse égyptienne, le projet culturel et social des Frères musulmans se précise. Al-Quds al-Arabi, connu pour être proche de la « rue arabe », rapporte les aléas du courant artistique proche des Frères, nadhdat al-sinima (le Redressement du cinéma). La finalité de ce mouvement serait le développement artistique selon des valeurs endogènes et en rupture avec les 60 ans de propagande officielle « anti-musulmane ». Or, leur projet phare, le film Taqrir (Rapport), peine à trouver une audience. Une projection prévue à l’Académie des Beaux-Arts du Caire a été annulée cette semaine suite à la réaction des étudiants, qui n’acceptent pas qu’une association proche du gouvernement puisse projeter un film à l’institut, alors que l’on n’accorde pas ce même droit à ceux qui y sont inscrits.

Côté social, al-Masry al-Youm, journal égyptien populaire, revient sur le débat concernant la déclaration onusienne sur la violence contre les femmes. Les Frères musulmans avaient critiqué cette initiative, qui serait en désaccord avec les traditions égyptiennes, du fait qu’elle préconise l’égalité homme-femme, accorde aux femmes musulmanes une part égale dans l’héritage et le droit de se marier avec des non-musulmans. Le Conseil national pour les femmes condamne cette réaction, qui prétend se baser sur les principes de l’islam, censés élever la position de la femme. De plus, la position des Frères nuirait à l’image de l’Egypte à l’étranger.

En Algérie, l’enlèvement de deux garçons de 9 et 10 ans dans la banlieue constantinoise samedi dernier provoque l’émotion dans la plupart des quotidiens nationaux. Leurs corps martyrisés ont été retrouvés 3 jours plus tard. Al-Watan, journal francophone, condamne la manque de transparence du côté du gouvernement et l’incompétence des forces des sécurité. La population est aujourd’hui terrorisée, et certaines familles hésiteraient même à envoyer leurs enfants à l’école.

Echourouk, fidèle à sa réputation critique, lie cet enlèvement à la situation des enfants-travailleurs, plus exposés aux mauvais traitements. Souvent orphelins ou abandonnés par un père qui ne participe pas financièrement au ménage, ils se trouvent dans l’obligation d’exercer une activité rémunérée afin de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles. Leurs conditions de travail sont souvent mauvaises et la consommation de la drogue n’est pas rare. La peur d’enlèvement ne les empêche pas de se rendre sur leurs lieux de travail.

echourouk

En haut : Le peuple veut l’exécution des ravisseurs (un formule qui rappelle les slogans scandés pendant le Printemps arabe)
En bas : Constantine

En nouvelle moins sinistre, El-Watan raporte les nouveaux Indices de développement humain (IDH) pour l’année 2012, publiés cette semaine par l’ONU. La note algérienne s’élève à 0,713 en 2012, contre 0,461 en 1980, ce qui met le pays à la 93e place parmi les 187 pays analysés. D’après le rapport, 67% de la population serait satisfait de la qualité du système éducatif et « la perception de bien-être individuel » serait notée à 5,2 sur 10. Au travail, les Algériens sont à 57% satisfaits et la confiance à l’égard du gouvernement serait à 53%. Le journal s’est gardé de tout commentaire.

Les quarante jours de deuil pour l’activiste et homme-politique tunisien Chokri Belaïd sont révolus, et la plupart des journaux nationaux reviennent à cette occasion sur le peu de progrès dans l’enquête. Assabah, un des titres les plus lus du pays, après s’être interrogé sur le retard constaté dans le dossier, met en exergue les retombées politiques de ce crime, à savoir l’introduction de la violence dans la transition démocratique, jusqu’alors pacifique. Le commanditaire du crime, qui demeure inconnu, est donc responsable de la fragilisation d’une situation déjà délicate.

Dans ce climat d’incertitude, les thèses les plus farfelues voient le jours. Mag14, journal francophone en ligne né avec la révolution, en cite quelques-unes, selon lesquels Belaïd ne serait pas mort mais bien vivant, se cachant quelque part au su d’Ennahdha, dans le seul but de leurrer les Tunisiens. Toutefois, après avoir tourné en dérision ces théories, le journal insiste sur leur côté révélateur : si tant d’hypothèses cabalistiques sont avancées, c’est aussi parce que la population ne fait pas confiance à la classe politique du pays.

Ce manque de confiance pousse certains à chercher des solutions en dehors de la Tunisie. Al-Chourouk, le quotidien le plus vendu du pays, se pose une question très à propos : si, après tout, les autorités sont impliquées dans le meurtre, comment est-ce que l’on pourrait trouver le coupable ? Il cite alors Me Mohammed Salah al-Toumi, directeur au Centre d’études et de recherche en droit, qui suggère que l’on organise un Tribunal spécial composé de juristes, journalistes et experts étrangers, comme celui qui a été organisé suite à l’assassinat de Rafik Hariri en 2005. On précise à la fin de l’article que la famille de Belaïd et ses avocats refusent cette éventualité.

Evan Fisher

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