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Revue de presse (18-24 Mars)

mars 25, 2013

« Obama dans la région »

Quels sont les événements qui ont fait la Une de la presse arabe cette semaine ?

« Tourisme », voilà le mot qu’on retrouvait cette semaine dans de nombreux titres arabes pour qualifier la nature de la visite de Barack Obama en Israël, dans les Territoires Palestiniens et en Jordanie. La presse arabe semble être revenue du discours du Caire et des espoirs suscités par l’élection d’Obama, il y a quatre ans. « Une visite vouée à l’échec » écrivait l’éditorialiste Elias Harfoush dans les colonnes d’Al-Hayat à la veille du début de sa tournée, en avançant que « le maître des relations américano-israéliennes et américano-palestiniennes, c’est l’impasse ». Un article du journal israélien Haaretz traduit sur le site du quotidien d’Al-Quds Al-Arabi (panarabe, basé à Londres) titrait : « Obama est venu pour dire la paix, pas pour la faire ». Mais les mots ont été parfois plus durs envers le président américain. Le rédacteur en chef d’Al-Quds Al-Arabi a qualifié Obama de « flatteur des israéliens » comme aucun de ses prédécesseurs ne l’avait été, se disant déçu par un « homme qui appartient à une race qui a subi des siècles de persécution » et aurait été en cela plus enclin à comprendre « les souffrances de notre peuple sous l’occupation raciste israélienne », avant de conclure que nous étions « au comble de la tragédie (…), au moment de l’hypocrisie américaine et de la honte arabe ». Même tonalité samedi dans Al-Hayat, où Jihad al Khazen signait un article au titre sans équivoque : « Obama nous a vendu » : « Obama nous demande de reconnaître Israël comme État juif ; et veut que les Palestiniens négocient alors que la colonisation continue. Alors pourquoi négocier ? » lançait-t-il. Au niveau des conséquences régionales de cette visite, la mise en garde des États-Unis à l’Iran a été largement commentée (vue comme « un message de guerre à l’Iran » par d’Al-Quds Al-Arabi), ainsi que la réconciliation diplomatique israélo-turque « parrainée par les États-Unis » selon le quotidien panarabe Al-Sharq Al-Awsat. Et au journal libanais francophone L’Orient-Le Jour de titrer « Obama quitte le Proche-Orient après avoir rassuré Israël et mis en garde l’Iran » en rapportant ce que la presse israélienne avait retenu de cette visite : « Le but de la visite d’Obama en Israël a été atteint : il a gagné le cœur des Israéliens ». Mais pas remis en marche le processus de paix.

« Fin de la visite d’Obama »

Quatre sheikhs sunnites passés à tabac, bombardements à la frontière syrienne, affrontements à Tripoli entre quartiers anti et pro-syriens, démission du premier ministre Mikati : actualité chargée également au Liban cette semaine, alors que le pays du cèdre, touché par les conséquences du conflit syrien, craint de voir l’instabilité s’installer. C’est ce qu’explique Ziyad Makhloul dans « La conséquence », un éditorial au ton vif et ironique dont DesOrient vous présente un extrait : « Le comble du cynisme ? Que cette guerre syrienne a du bon. Du très bon. Aujourd’hui, sunnites et chiites libanais se battent en Syrie et pour des Syriens, au lieu de s’entre-tuer au Liban pour X ou Y, (…). Personne, naturellement, ne priera pour que le génocide perdure en Syrie, pour que le Liban ne replonge pas dans ses mille et un marécages. D’autant que la mathématique est implacable : ce n’est pas parce qu’ils s’occupent en Syrie qu’ils oublieront nécessairement de s’entrégorger au Liban ».

Si « le risque de discorde guette le pays » selon les chefs religieux, de jeunes activistes libanais viennent de créer un groupe de « policiers » anticonfessionnels sur Facebook rapporte L’Orient-Le Jour qui a interviewé l’un de ses créateurs : « Notre but est de sensibiliser les Libanais sur la nécessité de combattre le confessionnalisme rampant sur Internet. » , dit-il et cela en faisant la traque aux insultes et menaces à caractère confessionnel.

Si au Liban la situation reste tendue, la crise politique est bien là en Égypte, où des manifestants s’en prennent au pouvoir des Frères musulmans. Al-Sharq Al-Awsat titrait samedi «  guerre de rue entre les « Frères » et leurs opposants », en rapportant les affrontements violents qui se sont produits vendredi, et où le siège du parti au pouvoir a été attaqué. Ce qui a d’ailleurs amené Rashad Al-Bayoumi, l’un des leaders de la confrérie, à déclarer que l’opposition avait échoué politiquement (à lire dans Al-Hayat). Al-Quds Al-Arabi est allé jusqu’à titrer « L’Égypte dérive vers le chaos », un article qui appelle à un dialogue, décrit comme de plus en plus difficile entre le pouvoir et l’opposition.

La Syrie, comme chaque semaine, était présente à la Une des grands journaux arabes. Sur le terrain c’est la question des armes chimiques qui a monopolisé l’attention, alors qu’au plan politique, ce sont les grandes difficultés d’union de l’opposition syrienne, divisée entre l’opposition politique et l’Armée Syrienne Libre, qui retiennent l’attention. Le dernier événement en date étant la démission dimanche soir du leader de la coalition nationale, Moez Khatib (voir l’article sur L’Orient-Le Jour). Le grand tournant de la semaine au plan diplomatique a été l’annonce par la France et la Grande-Bretagne de leur intention d’armer les rebelles syriens. Cette décision a été bien accueillie par une journaliste d’Al-Hayat qui signe un article intitulé « Le courage de la France et de la Grande-Bretagne dans leur soutien à l’opposition syrienne », alors que le caricaturiste d’al Sharq al Awsat ironise quant à lui sur la lenteur de la communauté internationale à se décider à armer les rebelles :

« La communauté internationale étudie la décision d’armer l’opposition… ». En bas :  » le peuple syrien »

Si les Frères musulmans sont désormais au pouvoir en Égypte, ils s’exposent à de nombreuses critiques, et notamment celle d’un Prince de la très religieuse Arabie Saoudite qui les accuse « d’instrumentaliser la religion à des fins politiques, et de recevoir des soutiens de la part de pays occidentaux comme les États-Unis » (à lire dans Al-Quds Al-Arabi). Et puisqu’on parle gros sous, DesOrient a lu dans Al-Quds Al-Arabi qu’un Prince saoudien – un autre – s’était payé un chameau à 5.000.000 rials… soit 33,1 millions de dollars. Le voilà :2013-03-22-15-28-21

C’est vrai qu’il est beau. Et pour finir, on va rester avec les animaux pour présenter un sport légendaire afghan où le cheval est roi. Le Bouzkachi. C’est un sport très particulier où s’affrontent des cavaliers qui cherchent à jeter une carcasse de mouton mort dans un cercle. Intrigués ? L’Orient le jour publie un bel article (en français), vous en saurez un peu plus. Et si votre curiosité n’est pas rassasiée, il vous reste à lire Les Cavaliers de Joseph Kessel !

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Thomas Loupias

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