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Revue de presse (22 – 28 avril)

avril 30, 2013
al hayat

A droite : La Syrie
A gauche : Le Liban

La guerre civile en Syrie et ses conséquences sociales, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, occupent le devant de la scène médiatique cette semaine au Proche Orient. Al-Hayat, journal pan-arabe basé à Londres, rapporte les détails d’un entretien avec le ministre des finances syrien, Mohammed Zafar Mohbak, lequel dénonce une campagne menée par la communauté internationale contre la Syrie depuis deux ans, sur le plan politique mais aussi économique. Suite aux sanctions internationales, l’exportation de pétrole a cessé, et les préoccupations sécuritaires ont entraîné un recul net du tourisme. La situation financière de l’Etat syrien s’aggrave donc de jour en jour. Malgré cela, le ministre déclare que l’économie syrienne est « actuellement forte » et que le gouvernement est en mesure d’assurer les besoins fondamentaux de sa population, en matière d’éducation, sécurité et alimentation.

Le journal libanais As-Safir, proche de l’opposition syrienne, détaille quant à lui l’aggravation de la crise humanitaire, rappelant qu’au moins un quart de la population syrienne a été déplacé depuis le début de la protestation en 2011. La situation se voit exacerbée par le coût de la vie qui monte en flèche, une crise du logement liée à la destruction de quartiers tout entiers et l’absence d’ONG, dont la présence a été refusée par le régime Assad. Le journaliste souligne par la suite que les risques d’agression sexuelle et de maltraitance d’enfants sont d’autant plus graves que 85% de la population réfugiée est composée de femmes et enfants.

Al-Akhbar, journal libanais qui se montre en général hostile à la présence de Syriens au Liban, consacre un article à la situation des réfugiés dans la région de Chebaa, où de nombreuses familles libanaises se voient obligées d’héberger les déplacés syriens par manque d’infrastructures sur place. Le journaliste rapporte que l’UNHCR et le Mercy Corps se sont adressés aux municipalités, proposant d’établir des camps de réfugiés sur leurs territoires, et ce malgré l’opposition de l’Etat libanais au principe même de ces camps. On s’interroge par la suite sur les raisons de telles propositions, sachant que l’Armée syrienne libre (ASL) et Jabhat an-Nusra, groupe armé syrien classé comme organisation terroriste par les Etats-Unis, sont toutes deux actives dans la région. Le rôle d’intermédiaire entre la population réfugiée et les ONGs que jouent les islamistes libanais, restés sans noms ou affiliation dans l’article, est par la suite décrié, puisque placé en dehors du cadre étatique dans leurs intérêts propres. 

alrai

Le roi Abdullah II de Jordanie rencontre le président américain Barack Obama

La rencontre entre le président américain Barack Obama et le roi Abdallah II, pour discuter du renforcement de la présence militaire américaine dans le Royaume hachémite de Jordanie a suscité des réactions acerbes dans la presse jordanienne. Cette mesure aurait pour objectif de prévenir la prolifération des armes chimiques syriennes dans le cas où le régime tombe. Mais le journal Al-Ra’i, proche du pouvoir, se contente de rapporter les félicitations de M. Obama, qui salue les efforts de réformes du roi et le remercie de son soutien dans la lutte contre la terrorisme. Le journaliste se charge par la suite de rappeler le sort des réfugiés syriens dans le pays et les besoins de soutien international.

En revanche, al-Arab al-Yawm, journal pan-arabe basé à Amman aux penchants jordano-centrés, rapporte les détails des manifestations qui se sont déroulées à travers le pays, organisées selon les cas par des organisations nationalistes, gauchistes et des associations de jeunesse proches des Frères musulmans. Le mot d’ordre serait le refus d’une vision américaine de la politique régionale, qui tendrait à déstabiliser le Proche Orient. On souligne aussi la capacité de l’Armée jordanienne à défendre les intérêts jordaniens, rejetant l’éventualité de la présence militaire américaine dans le royaume, qui représente « une porte ouverte à l’inconnu », à savoir une intervention armée en Syrie. Les manifestants exigent par la même occasion la reprise des réformes, à commencer par celle de la constitution, ainsi que la libération d’Ahmad al-Daqqamsi, emprisonné depuis 1998 pour avoir tiré sur des Israéliennes à la frontière, qui se seraient moquées de lui alors qu’il faisait la prière.

En Tunisie cette semaine, les questions économiques attirent l’attention de la plupart des journaux nationaux. Assabah, l’un des titres les plus lus du pays, rapporte les déclarations du Directeur général des mines au sein du Ministère de l’industrie, Ramadan al-Souid. Dans ses déclarations, M. Souid fait le bilan du secteur des phosphates, qui représente 3% du PIB et 10% des exports tunisiens. Il note une baisse importante de la production due en grande partie aux troubles sociaux qui secouent le bassin minier dans la région de Gafsa, au centre du pays. Cette baisse a entraîné une perte progressive de 50% des marchés indien et brésilien, ainsi que la totalité du marché turc qui importait encore récemment jusqu’à 90% de ses besoins en phosphates de la Tunisie. Ces reculs ont causé une perte importante de revenus aux deux entreprises les plus actives dans le secteur, la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) et le Groupe chimique tunisien (GCT), entraînant la défiance des banques et limitant fortement les possibilités d’emprunt qui relanceraient la production.

Mag14, journal francophone en ligne, rappelle le discours de M. Souid et questionne  les raisons de l’incapacité du gouvernement à apaiser la région et à redémarrer le secteur minier, au vu du poids de la région dans l’économie tunisienne. Le journal lie ensuite les pertes du GCT et de la CPG, toutes deux des entreprises publiques, au déficit dans le budget national et la demande récente d’un prêt auprès du FMI, tant décriée. Le journaliste rappelle que les pertes dans le secteur des phosphates représentent près des trois quarts du montant demandé, et insiste sur le fait que ce prêt aurait pu être évité si les responsables politiques avaient su relancer la production.

Côté chômage, Assabah rapporte le nouveau projet de loi du ministre de l’emploi de la formation professionnelle  Noufal al-Jammali, qui a pour double objectif l’encouragement de l’investissement et la création de nouvelles entreprises. Selon le ministre, le gouvernement ne serait plus en mesure d’absorber les chômeurs dans le secteur public ; il propose comme alternative la création d’un fond public destiné à financer les projets des chômeurs, ainsi qu’à faciliter les démarches administratives et juridiques de ces derniers. Le journaliste cite par la suite le Secrétaire général de l’Union tunisienne des jeunes travailleurs, qui voit dans ce projet une réponse concrète aux difficultés auxquelles font face les chômeurs. Les hommes d’affaires en revanche semblent moins convaincus. Ceux qui ont été interrogés soulignent leur déception quant à la politique générale du gouvernement en place, et les obstacles qu’ils ont dû affronter dans le développement de leur projets.

Dans le secteur éducatif, Al-Hayat transmet les demandes des instituteurs qui ont fait grève cette semaine en Tunisie, qui exigent prioritairement l’envoi de matériel scolaire neuf ainsi que l’amélioration de leurs conditions de travail, comme prévu dans des accords signés entre l’Union générale de l’enseignement primaire, syndicat affilié à l’UGTT, et le ministre de l’éducation. La grève touche près de 4500 établissements soit 1 026 500 élèves, et 60 000 instituteurs y ont participé.

Middle East Online

Abbi (Mon père)

Enfin, le journal en ligne, Middle East Online, basé à Londres, qui se définit comme indépendant et progressiste, fait la critique d’un court-métrage documentaire, Abbi (Mon père) présenté au festival de la chaîne qatarie al-Jazeera, réalisé par un Saoudien, Hussein al-Chérif, qui dénonce la pratique, répandue chez les Saoudiens expatriés en Indonésie, de mariage « misyar » (mariage temporaire). Ce phénomène, licite dans le droit musulman mais critiqué par de nombreux oulémas pour ne pas respecter l’esprit de la loi, permet un mariage limité dans le temps et qui, dans le contrat de mariage, stipule que le marié est libre de ne pas soutenir le ménage financièrement après la séparation. Ceci entraîne l’abandon de nombreux enfants par des mères incapables de subvenir à leurs besoins.

Evan Fisher

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