Skip to content

Revue de presse (18 – 26 janvier)

janvier 27, 2014

Tables des « Conférence Genève 1 » et « Conférence Genève 2 » entourées des noms de villages victimes de la révolution

Cette semaine, l’actualité a été dominée par la deuxième conférence de Genève pour la Syrie (aussi appelée Genève 2), qui s’est ouverte mercredi 22 janvier et dont on annonce déjà l’échec. Cette conférence se tient après la découverte de nouvelles preuves accusant le régime syrien. Selon le rapport de trois avocats anglais spécialistes des crimes de guerre, 11 000 prisonniers syriens auraient été systématiquement torturés et exécutés depuis le début du soulèvement. De même, al-Shorouk titrait « panique américaine et internationale à propos de la « torture systématique » des prisonniers ».

Le caricaturiste jordanien représente la table des négociations couverte du « sang du peuple syrien », sur laquelle un écriteau indique « Conférence de Genève 2 »

Dans l’ensemble, les journaux doutent du succès de cette conférence de Genève 2. Ghassan Charbel du quotidien panarabe al-Hayat impute cet échec à tous les acteurs représentés et à leur manque de bonne volonté, persuadé que la solution est politique. Celui-ci déplore la longueur des négociations et les « intrigues » qui s’y jouent « dans les couloirs » de la conférence, pendant que la tragédie humanitaire continue.

As-Safir, quotidien libanais, rapporte le pessimisme de l’envoyé des Nations unies pour la Syrie, Lakhdar Brahimi : le chemin s’annonce plus fragile que prévu du fait de l’absence de feuille de route pour un rapprochement entre le régime et l’opposition. Il impute aux Etats-Unis la responsabilité d’un échec des négociations dans la mesure où ils ont refusé une intervention militaire en Syrie. Dans ces conditions, la seule solution pour mettre un terme au conflit serait une intervention du Conseil de Sécurité pour envoyer une force internationale de maintien de la paix. Amr Moussa, ancien secrétaire général de la Ligue Arabe, abonde dans ce sens et demande au Conseil d’imposer un cessez-le-feu.

Sur le pain est écrit en lettres de sang « le (camp de) Yarmouk a faim »

Le conflit syrien a de graves répercutions sur  les conditions de vie des réfugiés palestiniens, notamment dans le camp de Yarmouk, situé au sud de la capitale Damas et assiégé depuis le mois de juin 2013. Vendredi, les ONG ont rapporté la mort de 63 réfugiés en raison de la faim, du froid, et du manque de soins médicaux. Elias Khoury, journaliste à al-Quds al-Arabi, déplore le manque d’intérêt des autorités palestiniennes pour son peuple réfugié tant en Syrie qu’au Liban, et dans le journal jordanien al- Ghad, Ahmad Jamil Azem titre avec cynisme, « Yarmouk est une purulence, rien de plus ». Il ajoute que le manque de direction et d’organisation politique au sein du camp accentue l’isolement des réfugiés.

La commémoration du troisième anniversaire de la révolution en Egypte, samedi 25 janvier, a été entachée dès vendredi par plusieurs explosions au Caire visant des symboles militaires. Comme la majorité des journaux arabes, as-Safir déplore ces opérations qualifiées de terroristes. Malgré ces évènements, les appels à célébrer la révolution ont été les plus forts, rassemblant, selon al-Ahram, des millions de personnes qui souhaitent la candidature du Général Sissi aux prochaines élections présidentielles. Le quotidien égyptien pro-régime titre ainsi « le peuple défie le terrorisme et célèbre [l’anniversaire] sur les places ».

Troisième commémoration de la révolution du 25 janvier : un militaire tente difficilement de brider la révolution du 25 janvier représentée par un cheval blanc

Du côté de l’opposition, au contraire, les manifestations ont rapidement tourné à l’affrontement entre les forces de sécurité et les manifestants opposés à l’armée. Le journal du Parti de la Liberté et de la Justice, proche des Frères musulmans, rapporte que le 25 janvier 2014 a été un jour noir pour les ultras et que 1079 manifestants « anti-coup d’Etat » ont été arrêtés. Les manifestations de l’opposition ont été brutalement dispersées par les forces de sécurité provoquant la mort de 49 manifestants.

Sur fond de tensions syriennes, le Liban fait face à une surenchère de menaces et de violence entres les groupes soutenant la résistance et, à l’inverse, le pouvoir syrien. Mardi, un nouvel attentat a frappé la banlieue sud de Beyrouth, fief du parti chiite Hezbollah, fidèle soutien au régime de Bachar el-Assad. Selon l’Orient le jour, les habitants de ce quartier vivent « dans une véritable psychose alimentée par les rumeurs d’un terrorisme ambulant ».

Les intrigues continuent autour de la sortie de crise politique dans laquelle est plongé le Liban depuis la démission du premier ministre Najib Mikati le 22 mars 2013. A la demande de  l’ambassadeur américain David Hale, Saad Hariri, fils de l’ancien Premier Ministre Rafik Hariri assassiné dans un attentat en 2005, a accepté de diriger un gouvernement incluant des représentants du Hezbollah. En exil en France depuis 2011, il a annoncé vouloir rentrer au Liban pour les élections législatives prévues pour novembre prochain. Pour Daoud Ramel, du journal as-Safir, la question est de savoir si le Liban saura saisir l’occasion offerte par la deuxième conférence de Genève pour un rapprochement entre les blocs pro et anti-syriens, et ainsi mettre fin à la paralysie de ses institutions.

En Tunisie, l’Assemblée Nationale Constituante a terminé son travail de rédaction de la nouvelle constitution « qui répond aux objectifs de la révolution », selon le journal national d’expression française La Presse. Pourtant, certains articles de cette constitution sont vivement critiqués, et notamment l’article 38 amendé qui énonce que l’identité arabo-musulmane doit être « enracinée » dès le plus jeune âge, par le biais de l’enseignement public.

Anne Kodaïs

Publicités
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :