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Revue de presse (17 – 23 février)

février 23, 2014

Sur les boulets (dte à gche) : la sécurité, la politique, l’économie.

L’anniversaire de la révolution libyenne, l’attentat contre un bus de touriste en Egypte, l’annonce du retrait de Moqtada al-Sadr de la vie politique en Irak et la candidature de Bouteflika en Algérie pour les présidentielles ont marqué la presse arabe de cette semaine.

Trois ans près la « journée de la colère », la Libye a célébré lundi le troisième anniversaire de la révolution. Pour le journal qatari Acharq, celui-ci intervient alors que le pays connait une transition démocratique « reflétant l’esprit de la démocratie ». Mais entre feux d’artifices et bruits de klaxon, c’est plutôt sur fond d’inquiétude liée à la crise politique et à l’insécurité persistante qu’a été célébré ce troisième anniversaire. Le journal Tripoli Post rappelle la fragilité de la situation politique du pays en affirmant que la Libye est entrée dans une crise politique majeure alors que deux des plus puissantes milices du pays ont menacé mardi de dissoudre le Congrès général national qui aurait dû quitter le pouvoir à l’issu de son mandat, expiré le 7 février dernier.

Cet anniversaire coïncidait avec les élections de la Commission constituante qui devrait être composée de 60 élus dont six femmes et six représentants des minorités, et avoir un mandat de 120 jours pour rédiger une constitution. Si l’Organisation de la Coopération Islamique a fait part de son entière satisfaction quant au déroulement de ces élections, l’engouement populaire n’était pas au rendez-vous, malgré l’appel du Premier ministre Ali Zeidan à prendre ces élections au sérieux, et la presse s’est plutôt penchée sur la faible participation qui menace selon le Tripoli Post la légitimité de cette Commission. Les élections se sont de plus tenues dans un climat de tensions et de violences ayant conduit à la fermeture de bureaux et au report du scrutin dans certaines régions comme le rapporte Asharq al-Awsat, tandis que les représentants de la minorité berbère avaient appelé au boycott du vote, protestant contre l’absence d’un mécanisme qui leur assurerait leurs droits culturels dans la future constitution, appel repris par le Libya Herald.

L’Egypte a connu quant à elle cette semaine un attentat revendiqué par Ansar Bayt al-Maqdis, groupe terroriste basé dans le Sinaï à l’origine de la plupart des récentes attaques, contre un bus de touristes coréens à Taba lundi. Alors que les précédents attentats avaient jusqu’à présent été dirigés contre les forces de sécurité, la presse parle d’un nouveau tournant. L’hebdomadaire égyptien d’expression anglophone al-Ahram Hebdo précise qu’en touchant des touristes, ce dernier acte est le « signal de l’escalade » du terrorisme en Egypte. Pour Moustafa Kamel, politicien à l’université du Caire, les groupes jihadistes chercheraient à diversifier leurs opérations en s’attaquant à des « cibles faciles » pour démontrer aux autorités leur incapacité à rétablir la stabilité. C’est aussi l’accusation qu’a formulé l’Alliance pro-Morsi dans al-Ahram, en s’en prenant directement au gouvernement, l’accusant de réprimer les manifestations pacifistes plutôt que de consolider la sécurité et de prévenir les actes terroristes. Le chef de la diplomatie égyptienne Nabil Fahmi, cité par al-Hayat, a cependant indiqué que l’Egypte menait désormais une véritable « guerre contre le terrorisme« .

Pour al-Wafd, l’attentat démontre la volonté des groupes armés de paralyser le gouvernement en frappant l’industrie touristique, vitale pour une économie égyptienne déjà mal en point. Si le journal francophone Le Progrès égyptien fait montre d’optimisme en écrivant que « les vols pour Charm el-Cheikh sont réguliers et que les touristes qui arrivent par milliers chaque jour dans le sud Sinaï n’ont pas annulé leur voyage », l’Orient le Jour se veut beaucoup plus pessimiste et indique que l’attentat « a déclenché une vague de panique dans les stations balnéaires du littoral égyptien, faisant craindre des retombées pour le tourisme », inquiétude prise « très au sérieux » en Egypte, notamment depuis la publication d’un communiqué menaçant les touristes et leur donnant un ultimatum pour quitter le pays.

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À coté du terrorisme, la question sociale a une place importante dans l’actualité égyptienne ces derniers jours, comme le souligne al-Masry al-Youm, à la suite de mouvements de grèves pour l’augmentation des salaires dans différents secteurs, privés comme publics. Loin de la stabilité espérée dans le pays, ce mouvement social qui touche principalement l’industrie du textile semble prendre de l’ampleur et s’est élargi au secteur des transports en fin de semaine, selon al-Ahram.

Moqtada al –Sadr.

En Irak, l’actualité a été marquée par l’annonce du retrait politique de Moqtada al-Sadr, figure de l’opposition à la présence américaine en Irak et leader du courant sadriste, l’une des principales composantes de la coalition de gouvernement dirigée par Nouri al-Maliki. Cette annonce a été accueillie avec surprise par la presse qui est revenue en ce début de semaine sur les raisons de ce retrait, tel al-Hayat qui estime qu’il « bouleverse tous les calculs politiques » ; ou L’Orient le Jour pour qui « l’éclipse brutale annoncée dimanche de Moqtada el-Sadr est de nature à susciter de profonds remous, sinon de violents bouleversements sur une scène politique déjà passablement agitée ». Le journal estime que ce retrait pourrait se révéler être un « cadeau » pour les rivaux de Moqtada al-Sadr et renforcerait les chances de Nouri al-Maliki, soutenu par l’Iran, de remporter un troisième mandat. Les raisons de son retrait ne sont pas explicites, et la plupart des journaux évoque une décision prise pour protéger la réputation des al-Sadr suite notamment à la découverte de faits de corruption. Cependant, des divergences internes au mouvement, opposant Moqtada al-Sadr et ses associés, pourraient aussi être à l’origine de ce retrait. Le journal al-Monitor se demande si cela ne serait pas plutôt le signe d’un repositionnement du leader chiite. De son coté, dépourvu de leader, le mouvement al-Sadr a fait part de l’annonce prochaine d’une nouvelle stratégie.

Enfin, en Algérie, alors que l’édito du journal al-Fadjr titrait le 21 février « Où est le Président ? », celui-ci a rappelé qu’il était toujours bien présent en annonçant qu’il resterait « malgré la maladie et les ennemis ». Le site al-Watan titrait ainsi ce dimanche « Quatrième mandat : il a osé ! », faisant référence au dépôt samedi de la candidature de Bouteflika aux élections qui se tiendront le 17 avril en Algérie. Si le sénateur algérien Madani Houd apparaît convaincu que Bouteflika est le meilleur président qui puisse exister, cela n’est pas un avis partagé par tous, à l’image d’un collectif citoyen qui s’est formé en fin de semaine pour protester contre un quatrième mandat de Bouteflika, et dont le premier sit-in n’a pu se tenir comme prévu, rappelant qu’à Alger il n’est pas simple de faire entendre sa voix.

On pourra également lire aux sujet des élections en Algérie l’intéressant article de Hacen Ouali paru sur le site Orient xxi cette semaine, « Crépuscule du pouvoir en Algérie, quand les luttes internes deviennent publiques ».

Justine Raginel

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