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Revue de presse (7 – 12 avril)

avril 14, 2014

Crédits : al-Quds

Cette semaine, la presse arabe s’est essentiellement intéressée au processus de paix israélo-palestinien, à la suspension des négociations et à la réunion d’urgence des ministres des affaires étrangères de la Ligue arabe au Caire mercredi dernier.

Alors qu’après trois ans d’arrêt les négociations entre Palestiniens et Israéliens avaient repris en juillet 2013 avec la médiation des Etats-Unis, le 29 mars 2014, le gouvernement israélien a refusé de libérer un contingent de prisonniers palestiniens comme prévu par les négociations, demandant le report de l’échéance de celles-ci au 29 avril. En réaction, le Président palestinien Mahmoud Abbas a signé le 1er avril les demandes d’adhésion de la Palestine à 15 traités internationaux et notamment aux quatre Conventions de Genève, le statut d’Etat observateur obtenu en novembre 2012 à l’ONU ouvrant en effet à la Palestine l’accès à diverses conventions et organisations internationales.

Les Palestiniens avaient pourtant consenti aux termes de l’accord conclu en juillet sous la houlette du secrétaire d’Etat américain John Kerry à suspendre toute démarche d’adhésion aux organisations et conventions internationales pendant les neuf mois impartis aux pourparlers, en échange de la libération par Israël de quatre contingents de prisonniers incarcérés avant 1993. Les négociations entre Palestiniens et Israéliens sous médiation américaine sont donc au point mort depuis les événements de la semaine dernière. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a depuis donné l’ordre à ses ministres de limiter les contacts avec leurs homologues palestiniens.

Dans ce contexte Mahmoud Abbas a demandé la convocation d’une réunion d’urgence des Ministres des affaires étrangères de la Ligue arabe qui s’est tenue le mercredi 9 avril afin d’examiner les développements de la situation.

Dans l’ensemble, la presse arabe s’est positionnée en faveur de la Palestine. Pour le journal palestinien en ligne Felesteen, il est clair qu’Abbas, en demandant la convocation de cette réunion, cherche à s’assurer du soutien des pays arabes. Al-Hayat va dans le même sens en estimant qu’Abbas cherche un appui financier et politique afin de pouvoir faire face aux éventuelles répercutions économiques d’Israël face à cette situation. Le gouvernement israélien semble en effet avoir déclaré une véritable guerre économique aux Palestiniens en décidant, suite aux événements, de geler le reversement des taxes collectées par Israël pour le compte de l’Autorité palestinienne et qui s’élèvent à 80 millions d’euros par mois, selon Le Monde qui indique que ce montant « représente plus des deux tiers des recettes budgétaires propres de Ramallah et contribue au paiement de plus de 150 000 fonctionnaires et aux coûts de fonctionnement des ministères ».
Selon le journal qatari Ashark al-Awsat, il y a donc là nécessité d’apporter un soutien financier d’urgence aux Palestiniens, tout en ajoutant que les pays arabes devraient s’engager à cesser toute transaction avec des compagnies ou institutions israéliennes. Le journal estime de plus que les ministres doivent prendre une position claire et nette au sujet de l’obstination d’Israël d’entraver le processus de paix avec les Palestiniens. Pour le journal la position des pays arabes doit être aussi claire et forte que celle du Secrétaire d’Etat américain, John Kerry, qui a souligné mardi devant le Sénat américain qu’Israël entrave le processus de paix suite à son annonce de construire près de 700 logements dans la partie orientale de Jérusalem et son refus de libérer le dernier groupe de détenus palestiniens.Pour le quotidien francophone el-Watan, Israël a porté un coup mortel aux négociations en agissant de la sorte, et d’ajouter que c’est sûrement ce qu’Israël cherchait.

Les ministres arabes ont cependant demandé à Washington de poursuivre les efforts en faveur de la poursuite des négociations. La Palestine s’est de son côté engagée à poursuivre les négociations avec les Israéliens jusqu’à la fin du mois. En cas d’échec, elle poursuivra le mouvement d’adhésion aux traités internationaux selon quatre phases qu’elle a déjà déterminées.
Le journal égyptien al-Ahram estime que le Conseil des Ministres des Affaires étrangères arabes a adressé un message fort à Israël qui doit, selon lui, assumer la responsabilité de la crise actuelle en raison de son refus de respecter ses engagements.
Enfin, le journal al-Quds rapportait vendredi que la Palestine, assurée du soutien des pays arabes, avait désormais pour intention de déposer une plainte contre Israël à l’ONU pour protester contre les sanctions.
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De gauche à droite : Ahmed Maher, Mohammed Adel et Ahmed Douma. Crédits : Gybo.de

En Égypte, au lendemain du sixième anniversaire du Mouvement du 6 avril, Ahmed Maher et Mohammed Adel, cofondateurs du mouvement ainsi qu’Ahmed Douma se sont vu refuser l’appel de leur condamnation à 3 ans de prison en décembre dernier pour avoir enfreint la nouvelle loi sur la liberté de manifestation en Egypte. Cette décision a provoqué la colère des activistes politiques qui se sont retrouvés à l’occasion de plusieurs manifestations au Caire cette semaine et qui appellent à un grand rassemblement le 26 avril afin de demander au président intérimaire Adly Mansour la suspension de cette loi.

Alaa Abd-el-Fattah, activiste récemment libéré après avoir passé plusieurs mois en prison pour la même raison, a apporté son soutien aux trois membres du mouvement du 6 avril et a appelé à l’annulation de la loi sur la liberté de manifestation indiquant que sa suppression réglerait le problème de beaucoup de détenus.

La loi sur la liberté de manifester en Egypte a été vivement critiquée par les défenseurs des droits de l’Homme depuis son entrée en vigueur en novembre 2013, Human Rights Watch ayant précisé que celle-ci donnait carte blanche à la police pour interdire toute manifestation.

Parallèlement, le 28 avril, la justice décidera du sort du Mouvement du 6 Avril, né des manifestations de el-Mahalla en 2008 et à l’origine du grand mouvement de protestations ayant conduit à la Révolution, aujourd’hui accusé de « ternir l’image du pays et d’être soutenu par l’étranger ».
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Alors qu’au Liban, les prochaines élections présidentielles tiennent l’essentiel de la Une, la presse s’est également fait l’écho de l’ouverture de la 10ème plateforme pour la danse contemporaine BIPOD à Beyrouth, l’occasion de se pencher sur cet art qui a récemment conquis le monde arabe. Dirigé par Omar Rajeh, importante figure de la danse contemporaine dans le monde arabe, le festival a permis la promotion de cette pratique artistique dans la région et est un succès pour le directeur qui tente d’élargir le public de la danse contemporaine à travers le monde arabe. Le festival a permis d’attirer à Beyrouth de nombreux danseurs du monde entier mais également de créer une plate-forme régionale de la danse et un véritable réseau régional permettant échanges et rencontres entre la Jordanie et la Palestine qui accueillent les mêmes compagnies le temps de festivals locaux.

La danse contemporaine s’est, depuis une dizaine d’années, fortement développée dans le monde arabe. Elle a notamment vu naître en Tunisie l’association Danseurs-Citoyens en janvier 2014 qui cherche aujourd’hui à promouvoir la danse, et que l’on a pu retrouver dans différents lieux de Tunis en février dernier dans le cadre d’un projet intitulé Street Dreams. Du coté de l’Egypte, Karima Mansour, directrice artistique du Centre chorégraphique de danse contemporaine (CCDC) égyptien, notait, il y a quelques mois pour RFI, l’appétit des Égyptiens pour la danse en indiquant qu' »Il y a un public qui a faim de tout ce qui est nouveau, frais. Les gens sont fatigués des vieilles productions gouvernementales ».

Justine Raginel

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